Agriculture et alimentation

Publié le dimanche 12 août 2012

En nous nourrissant quotidiennement, nous participons à un système agroalimentaire complexe qui façonne le monde. De la terre à l’assiette, le chemin croise une large série d’enjeux touchant à la culture, la santé, l’environnement, l’économie, la solidarité, les relations Nord-Sud…

Ainsi, l’élevage est le deuxième plus gros pollueur climatique, après le secteur de l’énergie, avec 18 % de tous les gaz à effet de serre à l’échelle mondiale (le secteur du transport en produit 13 %). Si l’on instaurait en Europe une seule journée végétarienne par semaine, cela reviendrait au bout d’un an à une réduction des émissions de CO2 aussi importante que s’il y avait 13 millions de voitures en moins sur les routes.

Par ailleurs, au niveau de l’agriculture, le mode de production bio ou non mais plus encore le transport (en particulier par avion) ou la culture sous serre peuvent avoir un impact lourd sur les émissions de CO². L’importance de privilégier des filières locales est évidente.

La situation actuelle

Sur base de l’affectation des sols au plan de secteur (2003), la surface de Lasne se décompose comme suit : 42 % de surface agricole, 11 % d’espaces verts et parcs, 11 % de forêts et 34 % en zone urbanisée. Mais 26 % des exploitations agricoles ont disparu entre 1980 et 2000. Et quel est le bilan environnemental de la commune ?

Il fut un temps où l’on pouvait remplir des jerricanes d’eau de source délicieuse et potable aux fontaines de Lasne, Ransbeck, Couture. Malheureusement, aujourd’hui cette eau est devenue impropre à la consommation. En effet, Lasne est située sur la nappe aquifère des « sables bruxelliens » qui présente un taux de nitrate qui la place parmi les nappes aquifères belges les plus polluées. Or ces nitrates proviennent en grande partie des effluents d’élevage, et des engrais azotés utilisés par les agriculteurs. Des études faites par le laboratoire d’écologie des prairies de l’Université catholique de Louvain entre 1997 et 2001 ont montré qu’il existe des possibilités d’amélioration de la situation et Ecolo encourage la poursuite de ces efforts (cf chapitre Environnement).

De plus, dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC), pour faire face à la concurrence internationale, la Belgique a, pendant des années (de 1958 à 1992), pratiqué activement le remembrement. Celui-ci consistait à rendre les exploitations agricoles les plus aptes possible à mener une agriculture intensive, plus productive, mais aussi beaucoup plus polluante.

C’est ainsi que la plupart des haies et bocages ont disparu pour faire place à des étendues de « surfaces agricoles utiles » (SAU) uniformes pour permettre l’utilisation de machines agricoles de plus en plus imposantes. Cette politique n’a pas épargné notre commune qui a vu la plupart de ses haies et bocages disparaître. Les haies avaient leur utilité : habitat de nombreux insectes, oiseaux, rongeurs qui participaient à l’élimination des insectes nuisibles pour les cultures ; elles ont été remplacées par des insecticides chimiques qui contribuent eux aussi à la pollution de la nappe aquifère. Les bocages aussi avaient leur utilité : ils permettaient avec les haies d’éviter l’érosion en faisant barrage à la perte des terres emmenées par le ruissellement de l’eau lors des précipitations. Rappelons-nous les inondations d’eau boueuse dont la vallée lasnoise a été victime de façon répétée ces dernières années.

Les effets des méthodes et des produits non écologiques commencent à être compris par un nombre croissant d’agriculteurs, et il apparaît de plus en plus que les agriculteurs et Ecolo ont en commun la volonté de préserver le caractère rural du paysage lasnois, ses prairies, ses champs, la plaine …et son champ de bataille.

Ecolo propose :

  • Favoriser le développement de mesures agro environnementales et stimuler les meilleures pratiques agricoles pour préserver le maillage écologique

Ecolo veut aider les agriculteurs motivés à pratiquer une agriculture biologique qui s’avère maintenant être un débouché rentable, avec une valeur ajoutée supérieure à celle de l’agriculture intensive et qui procure aux agriculteurs qui la pratiquent de réelles satisfactions.

Nous proposons que divers outils soient mis à la disposition des agriculteurs, tels que :

    • prise en charge par l’administration communale de la restauration sur les surfaces agricoles, des haies et des bocages, ce qui donne droit à des subsides de la part de la communauté européenne au profit des agriculteurs ;
    • soutien de l’administration communale dans les démarches visant à obtenir un label « Bio » certifié par un organisme officiellement reconnu par le Ministère de l’Agriculture pour les agriculteurs (Ecocert) ;
    • En ce qui concerne les élevages, Ecolo luttera contre l’implantation d’élevages industriels du type « poulaillers géants » et s’efforcera de convaincre les agriculteurs de se convertir là aussi à des méthodes bio qui permettent d’obtenir des produits de qualité bien supérieure ;
    • Mettre en œuvre un plan de lutte contre le déclin des abeilles.
  • Favoriser la rencontre et la reconnaissance entre agriculteurs et citoyens :
    • Stimuler le développement de groupes d’achat collectif.
    • Organiser des actions d’éducation à l’alimentation saine et durable (calendrier des fruits et légumes de saison), ainsi que des activités favorisant l’apprentissage du goût et de la diversité alimentaire dans les écoles.
    • Sensibiliser les enfants des écoles à l’agriculture (visite à la ferme, animations, …).
  • Promouvoir une alimentation durable, de qualité et aussi locale que possible :
    • Faire en sorte que les repas servis dans la commune (cantines scolaires, crèches, administrations, CPAS, …) soient équilibrés, sains, de qualité et à prix raisonnable, en intégrant des critères clairs en ce sens dans les cahiers des charges des marchés publics :
      • promouvoir la saisonnalité et la proximité,
      • choisir des aliments issus de l’agriculture bio belge lorsque cela est possible, ou des pays du sud (auquel cas privilégier les aliments issus du commerce équitable),
      • veiller à l’équilibre nutritionnel (respect de la pyramide alimentaire),
      • diminution des grammages de protéines d’origine animale et organisation d’un repas végétarien par semaine.